La police portugaise clôt son enquête.
La police portugaise a conclu son enquête sur la disparition de la petite Britannique Madeleine McCann, il y a 14 mois dans le sud du Portugal, et remis son rapport au Ministère public qui doit décider de poursuivre ou de clore l'investigation, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Le rapport final élaboré par la police judiciaire (PJ) a été joint à la procédure de la dénommée ''affaire Maddie", a indiqué un communiqué du cabinet du procureur général de la République. Pour autant, l'enquête sur la mystérieuse disparition le 3 mai 2007 de la petite Maddie, alors âgée de trois ans, d'un complexe touristique du sud du Portugal, n'est pas terminée. "La Police judiciaire continue, à la disposition du Ministère public" jusqu'à ce qu'il décide de clore l'enquête, a rappelé à la presse le directeur national adjoint de la PJ, Pedro Carmo.
Par ailleurs, le secret de l'instruction, prolongé en mai dernier en raison de la "complexité" de l'affaire, "se maintient jusqu'à la mi-août", a précisé le ministère public, qui doit à présent analyser le rapport d'enquête de la PJ et va procéder à l'analyse et à l'évaluation globale de l'ensemble de la procédure (qui comporte des dizaines de volumes) pour "déterminer si d'autres démarches sont encore requises ou bien si les conditions suffisantes et nécessaires sont réunies pour clore l'enquête". L'annonce du cabinet du procureur intervient après la publication mardi dans la presse d'informations indiquant que les autorités portugaises s'apprêtaient à clore l'enquête et à classer l'affaire, estimant ne pas avoir recueilli de preuves suffisantes pour une mise en accusation formelle.
Réaction du porte-parole.
Trois personnes sont toujours mises en examen. Outre le Britannique, Robert Murat, les parents de la fillette, Kate et Gerry McCann, soupçonnés d'avoir fait disparaître le corps de l'enfant après une mort accidentelle, ont été mis en examen le 7 septembre dernier. Le couple, qui n'a cessé de clamer son innocence, a organisé une campagne internationale sans précédent pour retrouver la petite Maddie. Depuis la Grande-Bretagne, le porte-parole des époux McCann, Clarence Mitchell, n'a pas tardé à réagir aux informations publiées dans les médias portugais. Il a estimé que la mise en examen du couple devait être levée "immédiatement" s'il était confirmé que la police allait clore l'enquête et a réclamé l'accès au dossier. Les informations contenues dans le dossier "ne peuvent pas rester sur des étagères à prendre la poussière", a-t-il affirmé. Lors d'une série d'interviews en Grande-Bretagne, le porte-parole a aussi suggéré que si l'enquête était officiellement close, les dossiers devaient être transférés aux enquêteurs privés recrutés par les McCann dans l'espoir de retrouver «Maddie». La petite fille avait disparu le 3 mai 2007 quelques jours avant son quatrième anniversaire, alors qu'elle séjournait en famille dans un complexe touristique du sud du Portugal.
Ses parents avaient été déclarés suspects après l'annonce de la découverte de l'ADN de Madeleine dans une voiture louée par ses parents, plus de trois semaines après sa disparition. Mais le chef de la police portugaise, Alipio Ribeiro, a ensuite déclaré que les analyses pratiquées sur ces traces n'étaient pas concluantes. Les McCann ont toujours affirmé qu'ils n'avaient rien à voir avec la disparition de leur fille. Selon la loi portugaise, le satut d'«arguido» (suspect) est un statut intermédiaire qui ne signifie pas une inculpation, mais qui est utilisé quand la police croit avoir des preuves contre quelqu'un. La personne considéré comme «suspecte» dispose d'une «liberté de mouvement totale», à condition d'informer préalablement les autorités judiciaires. De son côté, l'avocat portugais du couple Rogério Alves, a affirmé que l'essentiel pour le couple McCann était que les "recherches de leur fille se poursuivent".
Ni enlèvement, ni décès accidentel.
L'enquête, qui a connu un tournant l'été dernier lorsque les enquêteurs se sont mis à privilégier l'hypothèse de la mort de l'enfant s'appuyant sur des indices prélevés dans l'appartement et le véhicule des McCann, était depuis tombée dans une impasse. Selon la presse mardi, le rapport d'enquête de la police ne permet d'étayer ni la thèse de l'elèvement, défendu par les parents, ni celle de la mort accidentelle. Travaillant sous une forte pression, notamment de la part de la presse britannique, les enquêteurs portugais ont accumulé les revers.
L'ancien chef de l'équipe d'enquêteurs, Gonçalo Amaral, s'était vu retirer, en octobre dernier, l'affaire pour avoir ouvertement critiqué ses collègues britanniques de partialité. M. Amaral a pris sa retraite lundi pour, dit-il, retrouver sa "liberté d'expression" et pouvoir "se défendre" dans un livre qu'il s'apprête publier.